Pourquoi la construction ne doit plus voir le logiciel comme un coût

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En construction, la technologie remplace progressivement les machines et systèmes dépassés. Néanmoins, un outil numérique ne guérit pas tous les maux. Ce n’est pas un système pouvant fonctionner indépendamment sans nous.

C’est un investissement permettant d’améliorer les processus de travail actuels et de régler un problème. Mais pour qu’une solution numérique y parvienne, une volonté de modifier les comportements sous-jacents est nécessaire.

Une erreur est de croire que la transformation numérique en construction est un processus linéaire et que celle-ci continuera à évoluer en toute circonstance. Au contraire, cela exige de nombreux efforts, des initiatives audacieuses, et un investissement en ressources important si l’on souhaite une numérisation performante.

Implémentée de la bonne façon, une solution numérique peut nous faciliter la vie, faire en sorte que le travail soit fait plus rapidement, et améliorer le niveau d’efficacité.

Tout se résume à un changement de mentalité. La construction doit être en mesure de voir les solutions numériques comme ce qu’elles sont : des outils pour apporter de l’efficacité dans les projets de construction. À l’heure actuelle, il existe de nombreux outils numériques utilisés pour remettre de l’ordre dans tout ce chaos.

Cependant, tous les outils ne peuvent pas produire les mêmes résultats. Les gestionnaires de projet qui se concentrent sur des solutions spécifiques à la construction ont de meilleures chances de réussir dans un projet, étant donné qu’ils pourront établir un flux de communication en temps réel et relier de manière fluide la planification stratégique avec le calendrier général. Et c’est pourquoi des outils comme  WhatsApp et Excel peuvent finir par mettre vos projets en danger.

Le secteur de la construction en chiffres

Des marges et une productivité faibles, un manque de main d’œuvre qualifiée, un manque de confiance dans les relations contractuelles et une absence de standardisation sont quelques-uns des facteurs qui composent une image de la construction très problématique à l’heure actuelle.

Si nous tentons de traduire cette situation en chiffres, cela permet de mettre en valeur certaines conclusions très intéressantes. D’après les statistiques de McKinsey & Company, la croissance de la productivité au travail dans le secteur de la construction est en moyenne de 1 % par an au cours des 20 dernières années à l’échelle mondiale. Ce chiffre est très faible si nous prenons en compte le fait que l’ensemble de l’économie mondiale affiche une croissance de 2,8 % et le secteur industriel une croissance de 3,6 %.

Et n’oublions pas que la construction est un géant qui pèse 10 000 milliards de dollars et pour lequel on s’attend à une croissance dépassant les 15 000 milliards dans les deux prochaines décennies, voire avant. Toutefois, elle demeure un secteur qui fait face à des difficultés quant à la complexité des projets, le manque de confiance, ainsi qu’une culture procédurière. Le besoin d’une approche plus collaborative et innovante dans le secteur est plus fort que jamais.

Les entreprises les plus innovantes et qui investissent le plus auront beaucoup à gagner. Je pense qu’elles le feront. Je pense que la crise accélérera la transformation et la transition. Et je pense que les gouvernements du monde entier sont ouverts au changement, a souligné le Dr Jan Mischke lors de la première Conférence virtuelle organisée par LetsBuild.

« Une majorité des acteurs craint que d’autres personnes prennent leur part du gâteau. Et ceci ne manquera pas de se produire si les mentalités ne changent pas », souligne Jan Mischke lors du Sommet européen ConTech de 2018.

En ce qui concerne la corrélation entre investissement et complexité des projets, il convient d’indiquer que 21 % des dépenses totales en construction à l’échelle mondiale sont consacrés à des projets dont le coût dépasse le milliard de dollars.

Et ce chiffre est encore plus inquiétant si nous ajoutons à cela la question du logement abordable. Il est prévu qu’environ 1,6 milliards de personnes rencontrent de sérieuses difficultés à trouver un logement abordable d’ici 2025 si la situation dans le secteur demeure ainsi. Un élément révélateur de ce tableau est le fait que l’Angleterre a besoin de 340 000 nouvelles maisons chaque année jusqu’en 2031 pour parvenir à résoudre son problème de pénurie de logements.

En gardant à l’esprit ces chiffres effrayants, la préfabrication et la standardisation pourraient apporter de véritables solutions au secteur. Ce n’est pas un hasard si certains leaders de l’économie mondiale tels que Google, Amazon, et Airbnb font leur entrée sur le marché du logement.

«Il nous faut un état d’esprit qui nous incite à faire ces choses hors site. Je pense ici à la conception de maisons. Si nous voulons construire 100 000 logements sociaux par an, nous devons nous mettre clairement d’accord sur ce à quoi ressemble un excellent design, permettre des variations, mais en respectant certains paramètres»,  explique Suzannah Nichol, Chief Executive de Build UK.

L’investissement ConTech en augmentation

En prenant en compte tous ces éléments, il apparaît clairement que les logiciels peuvent avoir un fort impact sur la construction s’ils sont utilisés de la bonne façon. Ceci se reflète également par le niveau d’investissement dans les technologies de la construction au cours des dix dernières années.

McKinsey signale qu’entre 2011 et 2017, les sociétés de technologie de la construction ont cumulé environ 10 milliards de dollars en investissements.

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De façon plus spécifique, le secteur ConTech a cumulé un investissement de 9 milliards de dollars dans la période de 2008 à 2012, et de 18 milliards de dollars de 2013 à février 2018. Les acquisitions et fusions apparaissent comme le motif principal de cette vague d’investissements.

Les dernières conclusions de l’étude suggèrent que le domaine des technologies de la construction va poursuivre son expansion et attirer d’avantage d’opportunités d’investissement. Pour l’instant, il existe environ 1000 startups qui proposent des outils et produits pour la phase de construction. À l’opposé, un maximum de 200 entreprises mettent l’accent sur les phases de conception, de fonctionnement et de gestion.

Il convient également d’indiquer que la productivité sur le terrain et la gestion des performances sont les deux domaines qui attirent le plus l’attention en ce qui concerne les startups ConTech nouvellement créées. C’est une forte indication des besoins du secteur et du fait que les solutions numériques peuvent satisfaire les attentes de leurs utilisateurs.

En savoir plus : Comment réussir la transformation numérique de votre société

Pour beaucoup, l’incertitude liée à l’épidémie de coronavirus pourrait être un facteur de ralentissement de l’investissement dans les technologies numériques, mais ce n’est pas tout à fait exact. Le fait est que les acteurs de la construction doivent transformer cette crise sans précédent en une force de transformation s’ils veulent survivre à long terme. En d’autres termes, ils doivent adopter une nouvelle normalité. Et cette nouvelle réalité passe par la numérisation.

« Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre de vue le long terme. Nous devons toujours penser au long terme. La voie à suivre pour y parvenir pourrait être différente, mais nous ne devons pas modifier ces principaux objectifs », explique David Philp, Global BIM/IM Consultancy Director chez Aecom et responsable B.I.M. au sein de UK BIM Task Force.

Pourquoi le logiciel ne doit pas être vu comme un coût

Désormais, nous devons comprendre pourquoi le logiciel est un sérieux investissement pour le secteur de la construction et pas simplement un coût de fonctionnement supplémentaire. La réussite de l’implémentation d’une solution numérique peut être coûteuse au départ et apporter une immense valeur ajoutée à long terme dans l’organisation.
Ceci n’est pas exagéré si l’on prend en considération les chiffres suivants :

  • L’implémentation de technologies numériques existant déjà sur le marché peut entraîner une réduction du coût des projets d’investissement allant jusqu’à 45 % si celle-ci est réalisée correctement.
  • La refonte des cadres contractuels avec un accent mis sur la collaboration peut conduire à une hausse de 9 % de la productivité en construction à l’échelle mondiale.
  • Les gestionnaires de projet consacrent jusqu’à 40 % de leur journée à des tâches administratives (p. ex., rédiger des rapports, assister à des réunions, etc.) au lieu de se focaliser sur la gestion proprement dite du projet.
  • Au total, il est prévu qu’une adoption numérique réussie entraîne une hausse de 15 % en ce qui concerne la productivité dans le marché mondial de la construction.
  • 80 % du processus de construction est toujours le même, quel que soit le type de projet. Cela ouvre d’immenses possibilités sur le plan de la standardisation.
  • Les économies en construction pourraient atteindre jusqu’à 20 % d’ici la prochaine décennie grâce à la numérisation totale, ce qui revient à 1 700 milliards de dollars par an.
  • L’utilisation des outils numériques entraîne des économies allant jusqu’à 7 % au cours du processus de construction.
  • Des analyses poussées doivent fournir une valeur ajoutée de l’ordre de 9 500 à 15 400 milliards de dollars sur l’ensemble du marché mondial dans le secteur.

Dès lors, il n’est pas difficile de comprendre que les technologies numériques peuvent booster les profits en construction si elles sont utilisées de façon adéquate. Et c’est pourquoi c’est non seulement une erreur, mais également un danger pour le secteur de la construction, de percevoir le logiciel et son implémentation comme un coût.


Un autre facteur qui ne doit pas être ignoré concerne la satisfaction des employés résultant de l’utilisation des outils numériques en construction.

De nombreux gestionnaires de projet craignent que leurs équipes soient incapables d’adopter un nouvel outil numérique parce qu’il est trop compliqué. Mais ce n’est pas vrai. Si vos collaborateurs peuvent utiliser un smartphone et se connecter aux services bancaires mobiles, ils peuvent certainement utiliser une application pour gérer leurs projets.

Être en mesure d’automatiser les nombreuses tâches sur et en dehors du chantier (par ex. les rapports de terrain, les rapports d’anomalie, la documentation, etc. sur appareils mobiles) peut minimiser leur frustration quant aux tâches répétitives et fastidieuses, ainsi que booster leur efficacité.

Sur le long terme c’est très important, sachant que ceci permettra à l’organisation à la fois d’attirer et de retenir une main d’œuvre ambitieuse et spécialisée dans les nouvelles technologies pouvant véritablement aider le secteur à améliorer son profil et à être davantage axé sur les données.

En conclusion

Le secteur de la construction est à l’aube d’une immense transformation liée aux technologies en vue de surmonter les obstacles de la fragmentation et de la « sous-numérisation ».

Les outils numériques peuvent jouer un rôle décisif pour pousser la construction à prendre une direction plus innovante et productive, mais cela nécessite un effort collectif et une culture des données proactive pouvant fonctionner comme le lien permettant de rassembler la construction.

Pour parvenir à cela, la première étape est de de commencer à voir le logiciel comme un investissement plutôt que comme un coût superflu.

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